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 Artillerie de Gribeauval

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Lannes
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MessageSujet: Artillerie de Gribeauval   Dim 17 Mai - 18:01

A la fin du dix-huitième siècle, l’artillerie française était réputée la première
du monde par son unité et sa légèreté. Cette supériorité était due aux remarquables
travaux et à la longue patience de deux hommes entièrement dévoués à leur œuvre.
D’une part, les découvertes de Bélidor avaient permis de réduire. la charge
de poudre et, par suite, le poids des canons ; d’autre part, le rigoureux
esprit de méthode de M. de Gribeauval avait asservi tout le matériel aux règles
d’un système fixe et invariable.



En 1763, un mémoire, fait pour le ministre de la guerre et soumis ensuite à l’examen
de Gribeauval, examinait la situation du matériel d’artillerie à cette époque et débutait ainsi :


« La situation dans laquelle se trouve aujourd’hui l’artillerie est effrayante, et
il est certain qu’il faut avoir du courage et de la fermeté pour en faire l’exposition :
on ne sera cependant point étonné de l’état de pénurie dans lequel est réduite
cette partie essentielle du service, lorsqu’on saura que la guerre de 1741,
pendant laquelle on a fait une quantité innombrable de sièges, et livré chaque
campagne une ou plusieurs batailles, ayant épuisé tout ce que l’on avait pu
rassembler en tous genres dans les magasins et dans les arsenaux de l’artillerie,
on s’est trouvé pendant la paix qui a succédé à cette guerre et qui a précédé
celle de 1756 hors d’état de pouvoir faire aucun rassemblement ni aucun approvisionnement
faute de secours et de moyens, de façon qu’on peut dire que ce qui a été consommé
d’artillerie pendant la guerre dernière, chaque campagne, avait été construit
et rassemblé à grands frais et sans choix l’hiver qui avait précédé la
campagne. »



Les améliorations réclamées pour le matériel portaient principalement sur les points suivants:


1.Fixation invariable des calibres de campagne et de siège ;
2.Composition d’un équipage de campagne pour une armée de 100 000 hommes. Proportion
des équipages à la force des armées ;

3.Mode d’emploi du canon d’infanterie : doit-il rester avec l’infanterie ou venir
combattre avec le parc d’artillerie ? Doit-il être servi par des canonniers
ou par des soldats d’infanterie ?

4.Fixation du meilleur modèle pour les affûts ainsi que pour tous les accessoires d’artillerie.
Uniformité de construction dans les arsenaux ;

5.Fixation des règles de construction pour les obusiers et leurs affûts ;
6.Fixation des règles de construction pour les mortiers et leurs affûts ;
7.Modèles de caissons ;
8.Fixation du vent des boulets, de la forme des gargousses, des cartouches, etc., etc., etc.

Gribeauval remania le matériel de manière à lui donner plus de solidité, de mobilité et
d’uniformité et à obtenir une plus grande rapidité et une plus grande justesse
de tir. L’idée sur laquelle est basée toute son organisation est l’établissement
d’un matériel distinct pour chacun des services de campagne, de siège, de place et de côte.


Suite...[A.Pièces] en dessous


Dernière édition par Aigle.Lannes le Dim 17 Mai - 18:17, édité 1 fois
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Lannes
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MessageSujet: Re: Artillerie de Gribeauval   Dim 17 Mai - 18:17

A.PIECES



Canons:
— La Commission chargée de suivre les expériences de Gribeauval et réunie à Strasbourg en 1764 avait pour but immédiat de déterminer « à quel point il était possible d’alléger les pièces qui sont nécessaires à la suite des armées, pour se composer une artillerie aussi mobile qu’était devenue celle des puissances avec lesquelles on venait de faire la guerre, en laissant d’ailleurs à cette artillerie toute la solidité requise pour le service et pour l’effet, en général, qu’on avait à en attendre » .

On convint immédiatement de renoncer au calibre de 16 comme trop lourd, de limiter au calibre de 12 l’artillerie de campagne et de borner aux calibres de 12, de 8 et de 4, les épreuves d’allégement que l’on se proposait de faire. Il était. bien entendu, cependant, que ces pièces devraient maintenir une portée de 500 toises.

Gribeauval en conséquence demanda la réduction de la longueur à 18 calibres, et du poids de la pièce à environ cent cinquante fois le poids du boulet.

A la suite des expériences de Strasbourg, l’artillerie de campagne fut réduite aux calibres de 12 (pesant 1 800 livres, au lieu de 3 200), de 8 (pesant 1 200 livres, au lieu de 2 100) et de 4 (pesant 600 livres, au lieu de 1 150).

Les canons de 24 et de 16 furent conservés pour l’artillerie de siège.

Les canons furent coulés pleins, puis forés pour éviter les inconvénients du noyau, et la surface extérieure presque entièrement façonnée sur le tour fut déterminée avec précision : ce mode de travail entraînait la suppression des ornements qui enrichissaient les pièces de Vallière. La lumière fut percée dans un grain en cuivre rouge vissé à froid. Les tourillons reçurent des embases destinées à fixer la pièce entre les flasques de son affût et à fournir dans cette partie une plus grande quantité de métal en fusion, pour éviter les défauts de fonte fréquents et particulièrement nuisibles dans cette partie qui supporte tout l’effort du recul.


Ducoudray donne les renseignements suivants sur les changements relatifs aux fontes :


« Jusqu’à l’époque des mutations dont nous parlons, la partie des fontes avait été totalement abandonnée aux fondeurs. L’œil de l’officier d’artillerie, qui doit présider à cette partie comme à toutes les autres, n’avait été compté que pour les réceptions. Et il est aisé de se former une idée de la manière dont ces réceptions se faisaient.

« D’abord on n’avait point de mesure plus fixe que les pieds-de-roi ordinaires qui diffèrent quelquefois entre eux de plusieurs lignes. Ce défaut de mesure fixe était commun à toutes les parties de l’artillerie ; mais il était bien plus de conséquence pour la partie des fontes, où l’on doit exiger les dimensions les plus précises.

« Il est des pièces dont les deux tourillons sont très sensiblement inégaux ; dans d’autres ces tourillons sont inégalement placés sur l’axe de la pièce ; d’où il résulte :

« 1° L’impossibilité de placer la pièce sur le milieu de son affût, ce qui oblige à laisser plus d’ouverture aux flasques qu’il ne serait nécessaire, et souvent même à délarder un flasque pour en rengraisser un autre, sans pouvoir cependant empêcher la pièce de se jeter dans le tir sur un des côtés de l’affût et de le disloquer en peu de temps ;

« 2° L’impossibilité de substituer des sous-bandes entières aux heurtoirs et contre-heurtoirs, dont nous avons fait sentir plus haut les défauts, et l’obligation de n’employer que des demi-sous bandes qui permettent de recouper du bois à chaque flasque relativement à la position et à la forme de chacun des tourillons ;

« 3° La nécessité d’affecter à un très grand nombre de pièces des affûts particuliers.

« Pour remédier aux inconvénients bien plus grands qui résultaient généralement de l’inexactitude des proportions tant extérieures qu’intérieures, continue Ducoudray, il a fallu changer absolument la forme établie jusque-là pour les réceptions, et resserrer dans les bornes les plus étroites les variations qu’on accordait aux fondeurs.

« On a porté même la perfection dans ce genre jusqu’à les rendre responsables de cette légère variation même après l’effet des coups d’épreuve.

« Pour cela il a fallu établir des instruments de vérification qui fussent d’une extrême sensibilité, et point sujets aux variations, et surtout partir d’une mesure fixe et exacte. Aussi a-t-on établi dans toutes les fonderies, ainsi que dans tous les arsenaux, relativement aux autres constructions, une mesure en cuivre étalonnée avec le plus grand soin, et qui est devenue, dans tous les genres, le principe de l’uniformité et de la précision également ignorées jusqu’alors et aujourd’hui si rigoureusement établies

« Mais on ne s’est pas contenté de s’assurer des moindres défauts d’exactitude dans les proportions intérieures et extérieures, et des vices de la fonte que les coups d’épreuve et l’examen des réceptions peuvent faire découvrir. On a voulu même que les fontes fussent suivies dès leur principe, et on y a attaché particulièrement des officiers qui pussent se former dans cette partie; ce qui n’avait jamais été fait.


Suite...[B.Projectiles] en dessous


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Lannes
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MessageSujet: Re: Artillerie de Gribeauval   Dim 17 Mai - 18:30

B.PROJECTILES



Poudres:
— La composition de la poudre ne fut pas changée. La mise de feu se fit désormais au moyen de l’étoupille et de la lance à feu.

Gargousses:
— Gribeauval renonça à l’usage de transporter la poudre et les projectiles sur le champ de bataille au moyen de voitures séparées: la « cartouche à boulet » fut définitivement adoptée.

La gargousse, après de nombreux essais pour le choix de son enveloppe, était en serge croisée; elle contenait 5 livres de poudre pour le canon de 16, 4 livres pour le canon de 12, 2 livres et demie pour le canon de 8, 1 livre et demie pour le canon de 4 ordinaire, 1 livre un quart pour le canon de 4 infanterie. Avec ces charges et une inclinaison de 6 degrés, la pièce de 12 portait à 911 toises, celle de 8 à 633, celle de 4 à 773 .

Projectiles:
— Le boulet adopté fut le même que l’ancien, mais son diamètre fut augmenté de manière à réduire le vent de moitié. Cette réduction du vent du boulet donna trois résultats :



1.Une plus grande justesse dans le tir : le boulet, étant moins exposé à s’écarter de la direction, frappait les bords de la pièce à sa sortie sous des angles moins ouverts;

2.Une usure moins rapide des pièces, le boulet ayant moins de jeu pour battre l’âme du canon;

3.Une augmentation de portée, grâce à une utilisation plus complète les gaz de la poudre.



Une cartouche à boulet du calibre de 16 pesait 23 livres un quart ; du calibre de 12, 18 livres ; du calibre de 8, 12 livres ; du calibre de 4 ordinaire, 6 livres et demie ; du calibre de 4 infanterie, 5 livres trois quarts. Comme projectile à mitraille, Gribeauval adopta, pour tous les canons de campagne, la boîte à balles : ces boîtes cylindriques, en tôle, munies d’un culot en fer, étaient remplies de balles en fer battu. Chaque pièce eut deux modèles de boîte. Les canons de 12 et de 8 eurent un modèle contenant 41 balles et un modèle contenant 112 balles plus petites. Le canon de 4 eut une boîte de 41 balles et une de 61 balles plus petites. Les boîtes à balles destinées aux obusiers contenaient 61 balles.

Les grosses balles avaient 1 pouce 5 lignes de diamètre, les petites 1 pouce. Les boîtes des grosses balles étaient destinées aux grandes distances.

Les cartouches à balles sans leur gargousse pesaient : celles de 12, 20 livres ; celles de 8, 14 livres ; celles de 4, 7 livres. Les gargousses pesaient respectivement 4, 2 et 1 livre.

Les cartouches à balles étaient employées de préférence aux boulets, les grosses, pour les pièces de 12, à 400 toises ; pour les pièces de 8, à 350 ; pour celles de 4, à 300 ; les petites, pour les pièces de 12, à 350 toises ; pour les pièces de 8, à 300 ; pour celles de 4, à 250.
Réception des projectiles. — Des mesures sévères furent prises pour assurer l’exactitude des dimensions des projectiles.

« L’exactitude qu’on a mise dans la réception des canons et des mortiers, dit Ducoudray, se retrouve avec la même rigueur dans celle des boulets et des bombes.

« On ne s’était mis jusqu’alors en garde, ainsi que nous venons de le dire en parlant des fontes, que contre les boulets et les bombes qui ne pouvaient entrer dans les pièces. Les inconvénients extrêmes qui résultent de l’excès du vent, tant pour la conservation des pièces que pour la justesse des coups, étant apparemment mal sentis, on n’avait point cherché à y parer. Il n’y avait rien de déterminé à cet égard. Le trop gros était rebuté par la lunette de réception; le trop petit dépendait du caprice de celui qui recevait. Eût-il envie même d’être sévère, il n’avait pas de terme pour fixer sa sévérité. Aussi recevait-un tout. L’intérêt seul des fournisseurs, qui les engage à fournir les calibres forts de préférence à les fournir faibles, était le principe qui arrêtait le trop petit à de certaines bornes.

« Il est aujourd’hui fixé dans tous les calibres pour les bombes et boulets par des lunettes particulières ; l’entrepreneur n’a plus que neuf points, ou trois quarts de ligne au-dessous du diamètre fixé à partir de la mesure uniforme des arsenaux dont nous venons de parler
« Mais, comme on ne peut mesurer à la fois qu’un grand cercle de boulet avec la lunette, il aurait pu se faire que malgré l’attention de présenter le boulet à cette lunette sur plusieurs sens, on eût manqué un diamètre plus grand que les autres, ou une ex-croissance qui aurait arrêté le boulet en roulant dans la pièce, on a décidé que les boulets, après avoir passé par la lunette, passeraient ensuite dans un cylindre qui aurait une ligne de diamètre de moins que la pièce, et que tous ceux qui s’y arrêtaient seraient rebutés.

Approvisionnements:
— Pièces de 12. — Trois caissons portant chacun 48 cartouches à boulets, 12 cartouches à grosses balles, 8 cartouches à petites balles. Le coffret d’avant-train d’affût portait 9 cartouches à boulets. Ce qui donnait un total de 213 coups pour l’approvisionnement de la pièce.

Pièces de 8. — Deux caissons, portant chacun 62 cartouches à boulets, 10 cartouches à grosses balles, 20 cartouches à petites balles. Le coffret attaché à chaque pièce contenait 9 coups, ce qui constituait un approvisionnement de 193 coups par pièce.

Pièces de 4. — Un caisson portant 100 cartouches à boulets, 26 cartouches à grosses balles, 24 cartouches à petites balles. Le coffret de l’affût contenait 18 cartouches à boulets, ce qui donnait à la pièce 169 coups à tirer.


Suite...[B.Affûts et Accessoires] en dessous


Dernière édition par Aigle.Lannes le Dim 17 Mai - 19:29, édité 2 fois
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Lannes
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MessageSujet: Re: Artillerie de Gribeauval   Dim 17 Mai - 18:36

B.AFFUTS ET ACCESSOIRES




Affûts:
— Gribeauval s’occupa de donner aux affûts une plus grande mobilité : il fit augmenter la hauteur des roues d’avant-trains et fabriquer les essieux en fer, les boites d’essieu en fonte. Cet affût, raccourci et allégé, et portant une pièce plus légère, devait avoir un recul plus violent. Pour diminuer ce recul, les flasques furent construits de manière à donner un angle d’incidence sur le sol assez prononcé. Les ferrures destinées à renforcer l’affût et à prolonger sa durée augmentèrent d’ailleurs son poids. Gribeauval adopta l’attelage à timon au lieu de celui à limonière. Il disait, en effet :

« Il est de nécessité absolue de trotter avec le canon et les voitures de munitions ; car il en est d’une file d’artillerie comme des colonnes d’infanterie et de cavalerie : quoique la tête marche doucement, la queue trotte pendant la moitié ou au moins le tiers de la marche. Si, dans un jour de bataille, l’ennemi marque, par son développement, qu’il veut faire effort contre la partie droite, l’artillerie de la réserve du centre doit s’y porter le plus légèrement possible, pour arriver à temps ; si la gauche est libre, elle doit remplacer avec la même vitesse ce qui est sorti du centre. S’agit-il de poursuivre l’ennemi ? Il faut se porter fort vite à l’attaque des postes qui soutiennent la retraite ; si, au contraire, il faut soutenir une retraite, on ne saurait déblayer trop tôt le chemin des troupes, ni arriver trop vite dans les postes choisis pour favoriser la retraite. Dans toutes ces occasions, il faut savoir trotter et même galoper ;ce n’est que pour ces instants précieux qu’est faite toute la dépense de l’artillerie ; il faut donc, avant tout, se mettre en état d’en profiter ; et, comme l’attelage à timon peut seul procurer cet avantage, il paraît qu’on doit s’y fixer en tâchant de diminuer, autant qu’il est possible, les inconvénients qu’il entraîne. »




Bricoles:
— Les canons de 12 nécessitaient six chevaux. Ceux de 8 et de 4 en nécessitaient quatre seulement. Pour faire manœuvrer les pièces sur le champ de bataille, Gribeauval imagina de faire mouvoir la pièce avec l’aide de canonniers et de fantassins : il utilisait à la fois un système de bretelles en bricoles et de leviers. Huit hommes suffisaient pour faire mouvoir de cette manière une pièce de 4 et de 8 ; il fallait onze à quinze hommes pour une pièce de 12.

Prolonge:
— Une des innovations les plus importantes de Gribeauval fut la prolonge, qui allait prouver la possibilité d’avoir des charretiers et des chevaux calmes sous le feu et permettre de tirer tout le parti possible de la nouvelle mobilité des pièces. Il expliquait l’économie de son invention de la façon suivante :

« Pour faire de longs trajets en retraite ou pour couvrir une colonne qui aurait à craindre l’ennemi sur son flanc ou enfin pour franchir des fossés, rideaux, etc., avec les pièces des trois calibres, on sépare l’avant-train de l’affût, dont la crosse pose a terre ; on attache un bout d’une demi-prolonge aux armons de l’avant-train, laquelle passe sur l’avant-train, embrasse d’un tour la cheville ouvrière, repasse sur le couvercle ducoffre, de munitions, et est attachée de l’autre bout à l’anneau d’embrêlaqe ; on laisse environ 4 toises de longueur au cordage entre l’affût et l’avant-train auquel les chevaux sont attelés ; lorsqu’ils mar­chent, la pièce tirée par le cordage, suit aisément, au moyen de la coupe de la partie inférieure de la crosse qui est faite en traîneau ; les canonniers et servants, portant leurs armements, accompagnent la pièce dans leurs postes respectifs, à droite et à gauche. Lorsque l’on veut tirer, le maître canonnier crie : « Halte ! » et dirige la pièce en faisant le commandement : « Chargez » ; le coup parti, s’il ne veut pas en tirer un second, il fait le commandement : « Marche. » S’il faut descendre ou monter un rideau, passer un fossé, on allonge, s’il le faut, le cordage, les chevaux passent avec l’avant-train ; les canonniers et servants joignent leurs efforts à ceux des chevaux, et la pièce passe. »

Hausse:
— Gribeauval marqua la ligne de mire sur ses canons au moyen d’une petite saillie placée sur le bourrelet et d’un cran tracé sur la partie supérieure de la hausse adaptée à la culasse. Cette hausse avait pour but de donner au pointeur des lignes de mire artificielles, lorsque le but se trouvait à une distance plus grande que celle du but en blanc. Il ne pensait pas pouvoir ainsi apprécier la distance et pointer immédiatement avec exactitude, mais il voulait donner au pointeur un instrument grossier lui permettant de rectifier son pointage quand ses coups portaient trop loin ou trop court, et d’assurer le tir après un coup tiré convena­blement.

Jusqu’à présent, il avait suffi pour pointer de faire passer la ligne de visée par les points les plus élevés de la culasse et du bourrelet; l’introduction de la hausse eut pour effet d’augmenter les portées efficaces des canons et de donner plus d’étendue à l’action de l’artillerie sur le champ de bataille.

Les hausses étaient réglées jusqu’à 480 toises pour les boulets, 400 pour les boîtes à balles.

Étoile mobile:
— L’étoile mobile était un instrument inventé par Gribeauval, permettant de vérifier avec une approximation inconnue jusqu’alors l’exactitude des dimensions et des formes des âmes de toutes les bouches à feu et de leurs chambres.


Suite...[D.Organisation du matériel] en dessous


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MessageSujet: Re: Artillerie de Gribeauval   Dim 17 Mai - 18:49

D.ORGANISATION DU MATERIEL




L’ordonnance du 13 août 1765, de même que celle de 1772, consacrait la division de l’artillerie en deux groupes distincts : le premier, comprenant les canons d’infanterie (deux pièces par bataillon), servis par les sapeurs du Corps-Royal, était mis à la disposition exclusive des chefs de brigade d’infanterie. L’autre groupe, divisé en deux ou trois réserves placées à la droite, à la gauche et au centre de l’infanterie, était sous les ordres du général de l’armée. Les obusiers étaient en principe affectés à la réserve du centre.

Gribeauval évaluait la proportion d’artillerie nécessaire dans une armée à quatre pièces par 1 000 hommes. En supposant les bataillons à 1 000 hommes, en plus des deux pièces de canon qui se trouvaient dans chaque bataillon d’infanterie, il fallait donc constituer l’équipage d’artillerie proprement dit à raison de
deux autres pièces par bataillon, dont un quart en canons de 12, un huitième en canons de 8, un quart en canons de 4, et 6 obusiers par 100 canons.

En conséquence, une armée de 80 bataillons (80 000 hommes environ) devait avoir :

BOUCHES A FEU



Canons de 12: 40


- de 8: 80


- de 4: 200


Obusiers de 6P°: 20


Total: 340




Le matériel était partagé en divisions de huit canons ou de quatre obusiers. La division de huit pièces comprenait, pour les pièces de 4 par exemple :

VOITURES


Chariot d’outils: 1

Pièces de 4 montées sur leurs affûts avec coffret et armement: 8

Caissons chargés de 150 cartouches chacun: 8

Caissons chargés de 12 000 cartouches d’infanterie chacun: 4

Affût de rechange: 1


Total: 22



Suite...[Discussion sur le système Gribeauval] en dessous


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MessageSujet: Re: Artillerie de Gribeauval   Dim 17 Mai - 19:04

DISCUSSIONS SUR LE SYSTÈME GRIBEAUVAL


On avait ordonné des épreuves sur les changements proposés par Gribeauval : elles commencèrent en 1764 à Strasbourg et durèrent quatre mois. Tous les officiers de toutes armes de la région furent invités à les suivre et à donner leur avis. On ne devait signer dans les procès-verbaux que ce dont on était bien d’accord. En 1765, le nouveau matériel fut adopté sous le ministère Choiseul.

Après une longue et vigoureuse polémique dirigée contre les idées nouvelles, par le fils et successeur de Vallière, le nouveau matériel fut rejeté en 1772 sous le ministère de Monteynard. Un comité, composé des maréchaux de France de Broglie, Contades, Soubise et Richelieu, décida en 1774 le rétablissement du nouveau système. Après la mort de Vallière (6 janvier 1776), la nomination de Gribeauval comme premier inspecteur général de l’artillerie en assura l’adoption définitive.


FIN
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MessageSujet: Re: Artillerie de Gribeauval   Dim 17 Mai - 19:09

Très bel article, merci à toi Wink.

Mais n'aurait-il pas plutôt sa place dans le sujet histoire de la rubrique Arts et Culture ?
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MessageSujet: Re: Artillerie de Gribeauval   Dim 17 Mai - 19:34

Il a sa place ici car dans la rubrique histoire, il ne sera pas vu. C'est pour ceci que j'ai décidé de le mettre dans le Bivouac.
Pis après une journée sous la boue à s'entraîner au tir, faut bien qu'on se raconte des histoires sous la tente.
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MessageSujet: Re: Artillerie de Gribeauval   Lun 18 Mai - 18:35

Quelqu'un a lu? Parce que sincèrement, j'en ai ch... pour le faire. cat


Pour la question de la mitraille que certains trouvés trop longue sur Empire. Vous pouvez constater qu'elle pouvait aller jusqu'à 400 toises (1toise=6pieds , 6pieds=30cm).
En gros, 720 mètres pour la mitraille, donc les développeurs ne se sont pas trompés là dessus.
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MessageSujet: Re: Artillerie de Gribeauval   Lun 18 Mai - 18:58

Tout comme le fusil a pompe, l'effet de dispersion est très grand, et plus la cible est lointaine plus grand sera le nombre de projectile s'écrasant au sol ou ratant la cible.
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MessageSujet: Re: Artillerie de Gribeauval   Mar 19 Mai - 19:32

Rectification, dans Empire, c'est le Shrapnel qui tire loin. Ils ont, avec le dernier patch, limité de beaucoup la mitraille.
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MessageSujet: Re: Artillerie de Gribeauval   Mar 19 Mai - 20:08

Ouep, d'ailleurs c'est très étonnant la distance de tir de la mitraille. Mais c'est dû au fait qu'elle n'était utilisée que de près, augmentant de beaucoup son efficacité.
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MessageSujet: Re: Artillerie de Gribeauval   Mar 19 Mai - 20:31

En faite, à 300mètres la mitraille pouvait aller. Mais ça ne faisait presque plus de dégâts sur les troupes.
Alors un certain Mister Shrapnel a eu l'idée de mélanger un boulet de canon avec de la mitraille. Un "détonateur" archaïque avec et hop, le système Shrapnel est né.
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